Le guichet citoyen IA prend en charge, par écrit et à toute heure, les questions d’information que reçoit l’accueil d’une mairie : horaires, pièces à fournir, collecte des déchets, inscriptions scolaires, règles d’urbanisme. Les demandes qui engagent la commune, comme un dossier, une réclamation ou une situation personnelle, restent traitées par les agents.
L’expression est récente et aucun texte officiel ne la définit. Cette page en propose une définition et six critères qu’une mairie peut vérifier elle-même, sur l’outil de Civik-ia comme sur un autre.
Définition et limites
Ce qu’il fait
Un habitant pose une question en français courant. L’outil cherche dans la base de connaissances de la mairie, rédige une réponse courte avec ce qu’il y trouve et donne le lien de la page officielle. Si la base ne contient rien sur le sujet, il le dit et indique comment joindre la mairie.
Ce qu’il n’est pas
Quatre confusions reviennent :
- un moteur de recherche : il rédige une réponse et donne sa source, au lieu d’une liste de liens ;
- un outil de travail des agents : la rédaction d’actes ou la veille juridique relèvent d’outils conçus pour eux ;
- un logiciel de gestion municipale : il ne tient ni l’état civil, ni la comptabilité, ni les listes électorales ;
- le site de la mairie : il lit le site existant, dont la refonte reste un chantier distinct.
Assistant virtuel, agent conversationnel, agent municipal IA
Ces mots désignent souvent le même outil. Un assistant virtuel, ou agent conversationnel, est un programme qui dialogue par écrit. Dans une mairie, « agent municipal » désigne d’abord un fonctionnaire ou un contractuel de la commune ; un agent municipal IA est un programme qui répond par écrit au nom de la mairie, sans prendre de décision et sans remplacer l’agent du guichet. Le guichet citoyen IA est la forme de ces outils qui s’engage sur ses sources. Le guide du chatbot de mairie détaille ces termes.
Six critères à vérifier
Chaque critère se vérifie avant de signer, sur une démonstration ou par une question écrite au fournisseur. Les clauses à écrire se trouvent dans le cahier des charges d’un chatbot de mairie.
1. Il ne répond qu’à partir des sources de la mairie
Une source validée est un document que la mairie publie ou approuve et que l’assistant a le droit de citer : page du site officiel, document mis en ligne, fiche relue par les agents. Ce qui n’en fait pas partie n’entre pas dans la base. Voir la base de connaissances d’une mairie.
2. Chaque réponse donne sa page source
L’habitant doit pouvoir ouvrir la source et lire le texte officiel. Une réponse sans source ne se vérifie pas, ni par l’habitant ni par la mairie. C’est le principe du RAG, expliqué sur la page RAG pour une mairie. Quelle source fait foi selon la question, et comment la citer : voir la page dédiée.
3. Il dit quand il ne sait pas
Quand le site ne publie pas l’information, la bonne réponse le dit et oriente vers la mairie. Marianne est conçue pour cela. L’orientation vers une information nationale, comme service-public.gouv.fr ou les numéros d’urgence, se décide avec chaque mairie, et elle est alors signalée comme ne venant pas du site de la commune.
4. Il se tient à jour sans ressaisie
La fraîcheur des données est l’écart entre ce que la mairie publie et ce que l’assistant sait. Chez Marianne, un site officiel sous WordPress est relu chaque nuit : une page publiée dans la journée est en général prise en compte le lendemain, sans ressaisie par les agents. Le lecteur des sites WordPress est en place ; celui des autres outils de publication, dont TYPO3, est en test.
5. La mairie valide avant l’ouverture
Les agents relisent les réponses aux questions courantes, puis la mairie valide par écrit une version de référence. Rien n’est ouvert aux habitants avant cette validation. Chez Civik-ia, c’est la dernière des six étapes de la mise en service.
6. La justesse est mesurée avant l’ouverture
Une mesure sérieuse pose des centaines de questions de test et juge chaque réponse contre sa page source. Chez Civik-ia, la base est mesurée sur 300 questions de test avant l’ouverture, et le résultat est remis à la mairie. Ce que cette mesure prouve, et ce qu’elle ne prouve pas, est expliqué sur la page RAG pour une mairie. Pour la conduire avec n’importe quel outil, voir la méthode de test.
Vu par l’habitant, vu par la mairie
Côté habitant
L’habitant ouvre Marianne depuis le site de la mairie, un QR code ou l’écran d’accueil de son téléphone. Il pose sa question sans créer de compte. La réponse tient en quelques lignes et se termine par le lien de la page officielle. Les visiteurs sont comptés par un identifiant aléatoire enregistré dans le navigateur, sans nom ni adresse.
Côté mairie
Avant l’ouverture, la mairie participe à la mise en service : inventaire de ses sources, cadre écrit, relecture par les agents, validation de la version de référence. L’espace mairie, tableau de bord de la commune (questions des habitants, réponses justes et erreurs connues, ce que le site ne dit pas), n’est pas encore ouvert ; il le sera après les réglages de sécurité, pour les agents et les élus que la mairie désigne.
Sur le site de la mairie
Voici comment Marianne se propose aux habitants aujourd’hui :
- une page dédiée, à l’adresse civik-ia.fr/nom-de-la-commune, vers laquelle le site de la mairie renvoie par un lien ou un bouton ;
- un QR code, pour le bulletin municipal, les panneaux d’affichage ou l’accueil ;
- une application que l’habitant installe sur l’écran d’accueil de son téléphone ou de son ordinateur ;
- un cadre (iframe) dans une page du site municipal, sur demande.
Un module à insérer dans toutes les pages du site n’est pas encore disponible, et Marianne sur WhatsApp et sur Messenger est à venir. La mise en service est faite par Civik-ia : la commune n’a rien à installer. Le détail est dans le guide du chatbot de mairie.
Souveraineté, critère par critère
« Souverain » n’a pas de définition légale. Voici ce qui est vrai pour Marianne au 19 octobre 2026.
| Critère | Marianne |
|---|---|
| Hébergement | OVHcloud (OVH SAS, société française), serveur situé en Allemagne |
| Sauvegardes | quotidiennes sur le serveur, avec une copie hors site en France |
| Modèle de langage | Mistral Small, de Mistral AI, société française, dans une version datée choisie par Civik-ia |
| Lieu de calcul du modèle | non fixé par contrat |
| Ce qui part chez Mistral AI | la question telle que l’habitant l’a écrite et les échanges précédents de la même conversation, sans compte ni identifiant, avec les fiches publiques retrouvées dans la base |
| Accès au serveur | administration par clé cryptographique, réservée au président de Civik-ia |
Marianne est hébergée chez OVHcloud, hébergeur français, sur un serveur situé en Allemagne, et s’appuie sur Mistral AI, société française. Le lieu de calcul du modèle n’est pas fixé par contrat. Mistral AI propose plusieurs points d’accès et ne s’engage sur aucun lieu de calcul pour son point d’accès général (documentation de Mistral AI, consultée le 19 octobre 2026). Le détail est sur la page IA souveraine pour mairie. Les mêmes questions, appliquées à tous les outils de la commune, sont sur la page souveraineté numérique d’une commune.
RGPD et règlement européen sur l’IA
Pour une commune cliente, la mairie est responsable du traitement des données de ses habitants ; Civik-ia agit comme sous-traitant (article 28 du RGPD) et remet à la collectivité un accord sur le traitement des données. Aucun compte n’est demandé aux habitants. Les questions reconnues comme portant sur un thème sensible (santé, justice, urgence, prestations sociales, emploi, situation administrative) ne sont pas écrites dans la base, et le texte des autres questions en est effacé au bout de 90 jours (Conformité RGPD, mise à jour le 16 octobre 2026). Les questions du délégué à la protection des données sont traitées dans le guide RGPD et IA en collectivité.
Le règlement européen sur l’IA (règlement (UE) 2024/1689) impose depuis le 2 août 2026 qu’un système d’IA qui dialogue avec le public informe la personne qu’elle échange avec une IA (article 50). Le règlement (UE) 2026/1744 a reporté au 2 décembre 2027 les obligations des systèmes dits à haut risque de l’annexe III ; il laisse en place cette obligation d’information. Un guichet citoyen IA doit donc l’afficher dès son premier message.
Prix et financement
Chez Civik-ia, l’abonnement à Marianne coûte 69 € HT par mois jusqu’à 4 999 habitants, puis 69 € plus un centime par mois pour chaque habitant au-delà de 5 000, et 500 € HT par mois au plus. La mise en service, facturée une seule fois, coûte à partir de 999 € HT. Si le site de la mairie n’est pas à jour, la collecte des informations s’ajoute, à partir de 499 € HT. Ces prix sont estimatifs, hors taxes, et fixés en première réunion ; le calculateur de la page prix donne celui de votre commune.
Le plancher de 69 € vaut pour 32 683 communes sur 34 969 (population municipale INSEE 2023, relevée le 14 octobre 2026).
Les aides ouvertes aux collectivités sont décrites, d’après leurs textes officiels, sur la page financer l’IA de sa commune. Elle ne dit pas qu’une solution particulière en relève : l’instruction appartient à la Banque des Territoires pour le guichet Territoires d’IA, à la préfecture pour la DETR et la DSIL, à la région pour les fonds européens.
Voir Marianne répondre
La démonstration tourne sur une commune fictive, sans inscription : vous posez vos questions et vous ouvrez les sources citées.
Pour parler de votre commune, un échange de trente minutes suffit à fixer le périmètre et le prix (nous écrire). Le produit est présenté sur la page Marianne.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un guichet citoyen IA ?
Un guichet citoyen IA répond aux habitants d’une commune à partir des sources officielles de la mairie, cite la page d’où vient chaque réponse et dit quand il ne sait pas. Marianne, de Civik-ia, est conçue ainsi ; elle est en test, aucune commune ne l’a en service.
Quelle différence avec un chatbot de mairie ?
Un chatbot de mairie peut répondre à partir de n’importe quel texte, y compris la mémoire générale du modèle d’IA. Le guichet citoyen IA s’engage sur trois points vérifiables : il répond à partir des sources de la mairie, cite la page de chaque réponse et dit quand il ne sait pas.
D’où vient une réponse de Marianne ?
De la base de connaissances de la commune : pages du site officiel, documents publiés, actes relus, et fiches écrites à la main pour ce que le site ne tranche pas, vérifiées avant l’ouverture. La page source est donnée sous chaque réponse.
Que se passe-t-il quand l’information n’existe pas ?
Marianne est conçue pour dire que le site ne publie pas l’information et pour indiquer comment joindre la mairie, sans compléter avec la mémoire générale du modèle.
Comment les informations restent-elles à jour ?
Un site officiel sous WordPress est relu chaque nuit : une page publiée dans la journée est prise en compte le lendemain. Pour les autres outils de publication, dont TYPO3, le lecteur est en test.
Un guichet citoyen IA est-il conforme au RGPD ?
La conformité se juge traitement par traitement, par la mairie et son délégué à la protection des données. Pour Marianne, avec une commune cliente : la mairie est responsable du traitement, Civik-ia est sous-traitant avec un accord écrit, aucun compte n’est demandé, les questions reconnues comme portant sur un thème sensible ne sont pas écrites dans la base, et le texte des autres questions en est effacé au bout de 90 jours.
Combien coûte un guichet citoyen IA pour une petite commune ?
Chez Civik-ia, une commune de moins de 5 000 habitants paie 69 € HT par mois d’abonnement et une mise en service à partir de 999 € HT, facturée une seule fois.
Une commune utilise-t-elle déjà Marianne ?
Non. Au 19 octobre 2026, Marianne est en test sur des communes de test d’environ 11 000 à 43 000 habitants. Aucune commune n’est cliente et aucune ne l’a en service.
Pour aller plus loin
- Sécuriser la base de données d’une collectivité : sept mesures
- Quelle source officielle fait foi pour répondre aux habitants
- Les données qu’une mairie n’envoie jamais à un modèle d’IA
- Tester un chatbot de mairie avant l’ouverture
- Constituer une base de données fiable pour l’IA d’une mairie
- Souveraineté numérique d’une commune : six questions à poser
- Chatbot IA pour une collectivité ou un service public : ce qui change hors d’une commune
- Tous les guides de Civik-ia pour les collectivités